
Il est en effet fortement recommandé de boire de l’eau pendant les dégustations de vin, et cette pratique fait partie intégrante des codes de la dégustation professionnelle comme amateur. L’eau ne se limite pas à un simple accompagnement : elle joue un rôle fondamental dans la qualité de l’analyse sensorielle, le confort du dégustateur et la préservation de la santé.
Tout d’abord, le nettoyage du palais est l’une des fonctions principales de l’eau. Lorsqu’on déguste plusieurs vins à la suite, surtout s’ils présentent des profils aromatiques très différents (vins blancs, rouges, tanniques, boisés, sucrés, etc.), des résidus de saveurs, d’acidité, de tanins ou de sucres peuvent persister en bouche. Boire de l’eau entre chaque vin permet de rincer la cavité buccale, d’éliminer ces traces et de retrouver un palais plus neutre. Cela garantit une appréciation plus juste et plus précise du vin suivant, sans interférence sensorielle.
Ensuite, la réhydratation est un point essentiel souvent sous-estimé. L’alcool a un effet diurétique, ce qui favorise la déshydratation, surtout lors de dégustations prolongées ou comprenant de nombreux échantillons. Une bouche sèche, une langue moins sensible ou une sensation de fatigue générale peuvent altérer la perception des arômes et des textures. Boire régulièrement de l’eau permet de maintenir une bonne hydratation, d’améliorer la sensibilité gustative et de prolonger la capacité de concentration du dégustateur.
Par ailleurs, l’équilibre face à l’alcool est un enjeu majeur. Même lorsque les quantités de vin consommées sont modestes, l’accumulation d’alcool peut produire des effets indésirables : étourdissement, baisse de vigilance, confusion des perceptions. L’eau aide à diluer l’alcool dans l’organisme, ralentit son absorption et contribue à limiter ces effets. C’est une habitude particulièrement importante lors de dégustations professionnelles, de salons viticoles ou d’événements œnologiques où de nombreux vins sont présentés.
L’eau joue également un rôle clé dans la préservation de la santé et la modération. La dégustation de vin n’implique pas nécessairement une consommation excessive ; elle repose avant tout sur l’analyse sensorielle. Boire de l’eau entre les verres encourage une approche plus mesurée, aide à espacer les prises d’alcool et réduit les risques liés à une consommation trop rapide ou trop importante. Cette pratique s’inscrit pleinement dans une démarche responsable et respectueuse du corps.
Un autre aspect important concerne la fatigue du palais. À force de solliciter les papilles gustatives, celles-ci peuvent devenir moins réactives, ce qui diminue la capacité à percevoir les nuances aromatiques et les subtilités du vin. L’eau aide à rafraîchir la bouche, à maintenir une bonne humidité et à ralentir cette fatigue sensorielle, permettant ainsi de conserver une qualité de dégustation constante du début à la fin.
Enfin, il est recommandé de privilégier une eau plate, neutre et à température ambiante. Les eaux gazeuses, aromatisées ou très minéralisées peuvent perturber les sensations gustatives, modifier l’acidité perçue ou laisser un goût résiduel en bouche. De petites gorgées suffisent : l’objectif n’est pas de se remplir, mais de soutenir efficacement l’expérience de dégustation.
En résumé, l’eau est un allié indispensable du dégustateur de vin. Elle améliore la précision sensorielle, protège la santé, favorise la modération et contribue à une expérience plus agréable, plus professionnelle et plus respectueuse du produit dégusté. Boire de l’eau pendant une dégustation n’est donc pas un détail, mais une véritable règle d’or.